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Top des intervenants

Aussi drôles que catastrophiques, venez connaître et re-connaître ces sympathiques personnages !

On peut comparer le succès d’une journée d’étude à une cathédrale, toute connotation religieuse mise à part, évidemment. Le dôme de cette dernière incarne l’organisateur et les piliers de la nef, les intervenants… Le dôme est l’élément le plus apparent, le plus évident, le détail qu’on contemple lorsque tout va bien, que la cathédrale resplendit, rutile, triomphe. Si les piliers sont de piètre constitution, les fondements craquèlent, s’affaissent et sombrent, entraînant tout l’édifice dans leur chute. Il en va de même pour la journée d’étude, qui se teinte même souvent d’une certaine injustice puisque réussie, on considérera que l’organisateur a simplement fait son travail et dans le cas contraire, toute la responsabilité du fiasco lui incombe. Or, ce dernier n’a que peu de moyens de dénicher le bon intervenant, bien souvent on vise un Steve Jobs (créateur d’Apple et orateur de génie) et on se retrouve avec un Bozo le clown… C’est comme essayer de gagner une peluche rare dans une machine attrape-jouet : irréalisable, insupportable, absurde. Afin de vous aider à identifier les différents spécimens qui se dissimulent derrière ces « oui, oui », ces sourires ou ces secrétaires un tantinet trop enjouées, voici un petit top des plus mémorables :

  • Le « je vais être bref » : c’est l’intervenant persuadé qu’il manquera de temps pour exposer toute sa science et qui, anticipatif, a réduit son speech au dixième. C’est donc stupéfait et ravi qu’il découvre qu’il lui reste en fait du temps. C’est là qu’il va s’appliquer à perdre son auditoire. D’anecdotes en témoignages, de digressions en définitions le public sombrera lentement dans les méandres de son savoir…
     
  • Le disque rayé : le prototype même du type qui fait partie d’une institution et, qu’importe le sujet, qu’importe les recommandations et demandes spécifiques de s’en tenir au thème à aborder, c’est avec une infaillible rigueur qu’il abordera le sujet pour lequel il a été formaté : sa formidable institution. En bon représentant il ne manquera pas de faire la pub de son établissement. Lors de la conférence mais aussi au déjeuner, à la pause café, dans le métro du retour… Enfin vous avez compris.
     
  • Le désinvolte : c’est la personne qui, sûre d’elle, ne prend pas la peine de préparer et compte entièrement sur sa capacité d’improvisation. Ce qui peut se révéler être un speech vivant, accessible et limpide, comme un véritable désastre, un discours sans queue ni tête, voué à traiter de tout sauf du sujet initialement prévu. Ce qui ne manquera pas d’alarmer les quelques auditeurs perspicaces qui ne se sont pas encore endormis…
     
  • Le spécialiste : un des pires spécimens ! Plus que de semer la confusion dans les esprits, plus que de manquer de clarté. Cet individu notoirement fuit, parle une toute autre langue, un idiome méconnu, pratiqué uniquement par les autres spécialistes. C’est donc dans un flot de mots et de termes techniques que l’audience va progressivement se noyer et regretter de ne pas s’être fait portée malade… Il est souvent reconnaissable à sa paire de lunette qui oscille entre son nez et son front (au rythme de l’intensité de sa réflexion), à son style vestimentaire inexistant et à sa carte de spécialiste toujours prête à être dégainée : WANTED !
     
  • L’adepte Powerpoint : comme son nom l’indique son discours est entièrement fondé sur ses diapositives. Sans, il est comme un chanteur sans sa voix, un oiseau sans ses ailes, une bimbo sans poitrine : inutile. Il est très fort pour mettre de belles animations dans son PP, privilégiant la forme au fond, le discours y perd en puissance. Facilement repérable car il ne sait répondre à des questions sans se référer à ses slides.
     
  • Le consciencieux : il a tout planifié dans les moindres détails, de la couleur de son caleçon à l’intonation narquoise nécessaire dans le 5ème paragraphe, ligne 2 de son speech… Dans le même esprit que Monsieur diapositive, il aura quelques difficultés à sortir de son script et, plein de bonnes volontés voudra absolument aller au bout de son laïus, quitte à déborder sur la pause déjeuner. Un épisode que vous ne souhaitez pas connaître…
     
  • Le trop avenant : dérivé du désinvolte, il transformera ce qui devait être une conférence sur la sexualité des hippopotames en talk show. Sympathique, convivial, certes, mais pas forcément adapté… Sa stratégie est de prendre la salle à partie pour combler les vides de son discours, méfiez-vous !
     
  • Le captivant : parfait en apparence. Il est tellement bon que l’audience en redemandera ! Il s’arrête même quand vous lui faîtes signe d’abréger. Ce que ne manquera pas de noter le public qui tournera sa déception contre vous, vous mettant en position d’infériorité. M’enfin, mettez votre égo de côté et il est l’orateur idéal !
     
  •  Le « j’ai eu un petit problème » : homme invisible, personne ne l’a jamais vu en chair et en os. Il est comme le prof perpétuellement absent au lycée. Ça commence par un appel : « J’ai eu un petit souci, le chat de ma voisine est entré chez moi quand j’ai ouvert la porte et ça fait une heure que j’essaie de l’attraper… », et ça finit par un métro immobilisé et une grève des taxis. Identifiable par ses excuses toujours plus précises et extravagantes, il est sournoisement dangereux pour vous, organisateur.
     
  • La perle rare : un organisateur sur 1000 peut se vanter d’en avoir rencontré. Il comprend vos attentes, est ponctuel, acclimatant, drôle, attachant, intéressant et adapte son temps de parole à vos besoins.